GGJ 2020 : Pépinière du Gaming

Nous pourrions vous faire une description factuelle de la Global Game Jam et vous expliquer en même temps ce qu’est cet événement international qui réunit les plus grands passionnées du Game Design. Nous pourrions vous expliquer par exemple l’ampleur du phénomène et vous raconter comment dans les locaux de ISART Digital France, 200 personnes débordantes de créativité ont été accueillies pour une performance ou peu d’élus se sont essayés. Nous pourrions vous dire aussi comment nous avons été incroyablement accueillis avec l’équipe de Psycheclic.com… Nous n’en ferons rien. Non, la GGJ, ça se vit et c’est ce que nous avons fait !

Vendredi 31 janvier 17h. Nous arrivons dans les (sublimes) locaux de l’école qui respire et inspire la technologie. Derrière nous, des étudiants, des professionnels, des amateurs se pressent. Ce sont des Jammers ! « Mais pourquoi êtes-vous là ? », la réponse est unanime : « Pour le fun ! » Au regard de ce qu’il semble les attendre, nous nous demandons si nous ne sommes pas là devant une recherche de plaisir masochiste. Rester un Week-end entier enfermé dans une salle comble pour travailler, sur des projets dont la seule finalité est celle d’aboutir… Bienvenue dans la communauté du Gaming ! Et quelle communauté !

Premier constat : une population jeune. On devine beaucoup d’étudiants, anciens et nouveaux, de l’établissement bien sûr, mais pas que. On nous confirmera ce propos : « C’est ouvert à tous et à toutes » Et quand nous nous interrogeons sur la part d’occupation féminine des lieux, on nous répondra qu’il y a ce regret qu’il n’y ait pas une plus grande part de représentation féminine, un rapide coup d’œil autour de nous, nous permettra d’approuver ce propos … Mais, l’ambiance reste bonne enfant et nous assistons à beaucoup de bienveillance et d’entraide !

Il vous suffit de jeter un œil aux photos des équipes de Jammers que nous avons regroupé ICI pour vous donner une idée du public que nous avons rencontré.

Second constat : A ambiance bonne enfant, personnalités qui lui ressemblent ! Il n’y a pas de compétition à la GGJ, chacun a son équipe certes et chacun va faire de son mieux pour y mettre l’énergie voulue pour la satisfaire. Nous sommes là sur du contributif, et la seule compétition qui existe, c’est celle que le futur utilisateur du jeu pourra avoir sur son tableau de score. Les équipes sont constituées sur des affinités, après présentation des projets, après ce qui ressemble à un bref speed dating cérébral.

Dans les faits, ça ressemble un peu à ça : « Ahhhh waouhhhh il est génial ton projet ! T’as besoin de quoi ? T’en veux combien ? » Ici, on ne deale ni ne consomme de drogue (n’en déplaise à la mission ministérielle qui vient de qualifier comme tel le jeu vidéo : voir notre article).

Non, ici, on ne deale que des idées et des compétences. Et loin de l’imagerie d’Epinal, même si les pizzas sont au menu, on s’alimente plutôt (presque) bien : proscrits alcool et tabac. Si pour certains « Café et doliprane » semble être le régime par défaut, l’ambiance, c’est plutôt sucreries et bananes. Des enfants donc, mais en plus grand, qui s’amusent à fabriquer leurs propres jouets et à les partager avec des copains. Des adultes qui s’étonnent des réussites des uns et des autres plutôt que les jalouser et les combattre.

Vendredi 19h30. Le thème gardé secret jusque-là tombe. Ce sera « Repair » après la présentation d’Amplitude Studios, co-organisateur de l’événement et qui va venir tout au long du Week-end coacher les équipes. La présentation est assurée par Jean-Maxime Morris qui semble mener le bal d’une main de maître. « Repair », un mot et rien d’autre. C’est parti, les idées fusent, les équipes se constituent et les projets se lancent.

Souvenir, qui avait eu notre coup de cœur ne verra pas le jour, Fix It, CarGlass, BTP Simulator, Broken Heart, ou comment réparer un cœur briser par un chagrin d’amour.  Nous allons suivre des équipes, nous devons faire un choix et non contrairement à l’avis unanime de la rédaction, je ne ferais pas le choix de ce dernier projet ! J’ai embarqué avec Nicolas, Benjamin, Guillaume, Louis-Dior, Thiébaut et Marceau âgés de 19 à 23 ans pour Carglass.

Le synopsis : des mécanos qui se bousculent et un peu plus pour finir premier la réparation d’une voiture. Pourquoi ce choix ? Parce que l’équipe est sympa et parait déjà soudée, ceux-là ,c’est sûr ont déjà travaillé ensemble. Mais pas seulement le Gameplay semble simple d’appréhension et si je veux avoir une petite chance de pouvoir apprendre ce qu’est la conception d’un jeu, je dois commencer par des choses simples, de plus, en 48 heures j’aurais peut-être plus de chances de voir le projet aboutir que sur d’autres sujets. Puis de toute façon la simplicité ça paye toujours…  Et en effet, il m’aura fallu attendre 2h du matin pour avoir dans les mains quelque chose de déjà jouable.

Jennyfer qui m’accompagne part sur un projet en bonne compagnie, son équipe ressemble à la mienne mais en plus âgée. Elle va suivre la construction de Glitch auxquels Baptiste, Thibaut, Lobo, Damien, Léo, Clément et Timothy vont donner vie. Bon je n’ai pas tout compris du synopsis, mais en gros il est question d’être « glitcher » dans un univers que l’on doit réparer et comme on est soi-même un Glitch, le joueur fini par se retrouver devant un choix moral qui n’est autre qu’assurer la survie du Monde ou la sienne.

 

Dernier constat et pas des moindres, avec ce thème « Repair » les équipes sont presque toutes parties sur des projets mettant en scène la réparation de grosses mécaniques : bateau, voiture, fusée… Deux projets s’en distinguent et ont opté pour la réparation de l’humain sur un Gameplay orienté sur la gestion des émotions. Ces deux projets pourraient être utilisés dans un cadre thérapeutique. L’un pour les enfants avec des lapins plus ou moins heureux et dont on peut réparer « l’humeur » par des actions ciblées et Broken Heart. Ces deux projets avaient en commun à avoir à leurs bords deux filles de caractère fort ! Et si l’avenir du vidéo-ludique passait par la féminisation de celui-ci ? Quel pourrait être son nouveau visage ? Cela, nous en reparlerons ensemble lors de nos conférences des 14 et 15 mars au salon Retro Gaming Play de Maux.

Samedi 6h30, trois heures de sommeil derrière nous, une nouvelle journée se prépare. Les murs de ISART se réveillent et en son cœur la crème de la crème de ceux qui sont déjà en train de préparer l’avenir et le nouveau visage du vidéo-ludique. Je les rejoins…

Pour découvrir la Global Game Jam Paris et rejoindre les jammers l’année prochaine : http://www.ggjparis.fr/.

 

48 H pour produire un jeu vidéo ? Les Jammers n’ont même pas peur ! (et nous non plus ! )

En route pour l’aventure de la Global Game Jam 2020 à ISART DIGITAL Paris.

 

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1 commentaire sur “GGJ 2020 : Pépinière du Gaming”

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